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Hommage à Germain Barrette

«Le ski est privilégié de compter un chef de file comme Germain»

Ken Read et d’autres commentent le prix Réal-Boulanger

Texte de Mario Brisebois, chroniqueur ski et journaliste sportif

 

J’ai d’abord connu Germain Barrette via ses supporteurs dans sa Matapédia natale, en Gaspésie. Je ne situe plus très bien si c’était à un championnat canadien ou une finale Pontiac ou NorAm, mais je me rappelle comme si c’était hier que deux jeunes journalistes, le regretté Albert Ladouceur alors du Montréal-Matin et moi-même, Mario Brisebois, du Journal de Montréal, avions reçu une liste de noms longue comme une paire de skis de descente ou presque. Fiers de leur Germain, les gens de Causapscal s’étaient unis pour signer et envoyer une lettre d’encouragement et comme c’était bien avant l’époque des courriels évidemment, on nous demandait de la remettre à leur héros des neiges avant sa course. Inspiré d’une chanson populaire du temps, le témoignage intitulé «Lâche pas la patate, Germain!» était écrit en grosses lettres au haut de la page.

 

La preuve que le message est très bien passé et fut surtout bien compris par le «Gaspésien Volant» est que l’ASSQ remet son prix reconnaissance Réal-Boulanger à Germain Barrette pour l’ensemble de ses réalisations et sa passion.

 

Skieur d’abord et par la suite entraîneur en Coupe du monde, dans les deux cas son implication n’a jamais cessé et se poursuit toujours quarante ans plus tard comme délégué technique à l’international et à la gestion des opérations comme au Parc du Mont-Comi présentement et à la tête du Parc régional de Val d’Irène pendant de nombreuses années auparavant.

 

QUARANTE ANS ET PLUS À SERVIR SON SPORT

Il est connu qu’il n’y a rien de mieux qu’un grand champion pour en reconnaître un et en apprécier un autre. C’est avec cette prémisse qu’on a joint Ken Read, cinq fois gagnant au cirque blanc, notamment aux célèbres Hahnenkamm de Kitzbühel et Lauberhorn de Wengen à une semaine d’intervalle en 1980.

L’ex-Crazy Canuck a été olympien deux fois, chef de direction à Ski Canada et siège actuellement au comité de la Fédération internationale encore à ce jour. S’il décrit tels plusieurs autres Germain Barrette comme un homme de grandes actions mais de peu de mots, Read a plein de très gentils mots à son égard.

 

Commençons par le compétiteur et entraîneur au plan personnel et son impact collectif. «Germain a été un athlète déterminé qui a initialement mérité sa place à Ski Canada via les épreuves techniques avec une affinité pour la vitesse, laquelle allait subséquemment lui permettre de joindre l’équipe canadienne de descente tout en servant plus tard le ski au pays puisqu’il a pu faire partager son bagage de connaissances aux autres comme entraîneur. Vous savez, ils sont rares ceux qui ont possédé le talent d’exceller au plus haut niveau dans les toutes les disciplines du ski», déclare-t-il.

 

Celui-ci n’est pas moins impressionné par l’implication de notre «hommagé» qui n’a jamais cessé et encore moins ralenti. «Que ce soit comme délégué technique à la FIS ou gestionnaire de montagnes par la suite, Germain a toujours continué de servir le ski ce qui est considérable sur une période de quatre décennies», ajoute Read à propos de son ex-coéquipier.

UNE PERSONNE BRAVE ET DROITE

Parmi les hommages d’ici, Claude H. DuMontier, devient un incontournable ayant été le premier entraîneur de Germain Barrette à l’équipe du Québec. «Lorsqu’il est arrivé de sa station le Petit Chamonix, Germain était déjà un brave garçon. Il le fallait. La Gaspésie était toujours loin pour les compétitions. En plus des longues distances, il a dû manifester une belle force de caractère pour faire sa place. Ce qu’il y a d’admirable chez Germain est qu’il n’a jamais cessé de croire à l’effort», mentionne DuMontier.

 

Un des faits saillants de la carrière de Germain est certes sa nomination à titre de responsable pour la FIS des Championnats du monde de Val d’Isère en 2009. C’était lui le grand patron de l’événement. Il devait entre autres décider si les conditions de ski étaient adéquates et pouvaient permettre aux athlètes de prendre part aux différentes épreuves. Il a tellement fait un bon travail que l’on surnomme Germain «Monsieur le Maire» à Val D’Isère, pas mal pour un petit gars de la Gaspésie !

 

Ex-président de Ski Québec où il siège comme directeur maintenant, Michel Marcoux est un collègue de Germain Barrette à la FIS à l’instar de DuMontier. «En plus des Coupes du monde au fil des ans, n’oubliez pas que Germain a été choisi délégué technique aux championnats du monde à Val d’Isère», précise-t-il d’entrée.

 

En plus de la compétence, Marcoux n’est pas moins admiratif des valeurs humaines. «Germain est d’une immense générosité. Il est aussi sans cérémonies. Son efficacité passe par son franc parler. Il n’est pas du style à s’imposer malgré ses vastes connaissances, mais pour être toujours certain d’obtenir l’heure juste, il représente assurément l’homme à contacter», ajoute-t-il.

 

UN HONNEUR DE TÉMOIGNER

Président ex officio de Ski Canada, Danny Minogue est un ex-coéquipier de Germain Barrette. «Germain ne possédait pas le style le plus orthodoxe, mais il excellait dans les chronos grâce à sa touche exceptionnelle sur la neige que lui avait enseignée son frère André», révèle-t-il.

Les liens ont excédé les pentes. «Parce que la Gaspésie n’est pas à la porte, Germain demeurait souvent chez mes parents à Montréal. Tabarnouche, j’ai mon voyage!, disait-il tout le temps dans sa surprise et son émerveillement de découvrir tout ce qui se passait dans la grande ville comparativement à sa campagne», se remémore-t-il.

 

À ne pas en douter, la décision de l’ASSQ de décerner le prix Réal-Boulanger à Germain Barrette pour l’ensemble de son œuvre fait l’unanimité. La série des éloges pourrait s’allonger aisément. «Puis-je vous faire un aveu: je considère un grand honneur que vous ayez pensé à mon nom pour cet hommage de Germain. Faire une carrière de 40 ans et plus dans le ski au Québec et ailleurs est énorme, mais il y a plus encore. Germain est une personne véritable comme on en rencontre peu», de commenter Danny Minogue.

 

Revenons à Ken Read pour conclure. «Si Germain est un homme de peu de mots, il est aussi de grandes actions lorsqu’on pense à l’énergie et le temps consacrés au ski pendant 40 ans. Nous sommes tous privilégiés dans notre sport de compter Germain comme chef de file».

 

Tel que tout Causapscal lui avait souhaité jadis, Germain Barrette n’a jamais lâché… la patate.

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