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Le développement durable en montagne, une réalité devenue nécessaire

Le développement durable en montagne, une réalité devenue nécessaire

1. Introduction

Depuis le temps qu’on en parle, le développement durable représente beaucoup plus qu’une noble démarche à laquelle les entreprises souhaitent aspirer. Il est devenu une composante indispensable de l’ADN des organisations qui veulent assurer leur pérennité. Et cela inclut les stations de ski. Six exemples inspirants.

2. Tremblant, la station durable avec un grand D au Québec

Des actions pour mieux gérer l’eau, des initiatives qui favorisent le zéro papier; l’utilisation de navettes gratuites; la mise en place d’un service d’accompagnement guidant les promoteurs d’événements qui doivent désormais tenir des activités écoresponsables sur le site, seule station québécoise membre de l’organisation nord-américaine Protect our Winter (POW) … depuis cinq ans, la station Tremblant multiplie les gestes prônant le développement durable.

« Nous avons même notre propre écocentre pour gérer l’ensemble des matières résiduelles de nos partenaires membres de l’Association de villégiature Tremblant. Ainsi, plus de 30% de ces matières évitent l’enfouissement », signale Nathalie Dandoy, gestionnaire développement durable de la station laurentienne.

Tous ces efforts ont d’ailleurs valu à Tremblant l’obtention du niveau 3 du programme Écoresponsable au Québec en mars 2021. Soit la plus haute certification jamais décernée à une entreprise québécoise quel que soit son secteur.

Malgré tout, le travail est loin d’être terminé, admet la gestionnaire. « La COVID-19 est venue mêler les cartes », avoue-t-elle. Elle cite notamment le port du masque. La station qui représente plus de 1500 employés sur le site a dû fournir au moins deux masques de procédure par jour aux membres du personnel, en plus de trouver un débouché pour les masques usés. « Heureusement, nous avons déniché un recycleur en Ontario. Depuis quelques mois, nous avons également trouvé un recycleur au Québec », dit-elle.

Tous les séchoirs dans les toilettes publiques ont également été remplacés par des distributeurs de papiers. Une poubelle à compost a aussi été installée afin de récupérer les papiers usés.

« À moins de revenir à l’époque des hommes de Cro-Magnon, aspirer à la perfection en développement durable est impossible », soulève Nathalie Dandoy. Il y aura toujours des embûches, des choix de solutions de moindre mal, ajoute-t-elle. Mais les efforts en valent le coup auprès de la clientèle et surtout des employés pour qui le durable est devenu un critère d’attraction et de rétention.

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3. Faire sa part au Mont Gleason

Bien que la démarche développement durable prenne ses aises à la station Mont Gleason depuis une bonne douzaine d’années, la direction hésite encore à se qualifier de « station modèle » à cet égard. « Par contre, nous faisons de grands efforts et nous sommes très motivés à le faire », soutient la directrice générale de la station, Nadia Pépin.

Parmi ces efforts, la station tente d’acheter le plus local possible afin de promouvoir les produits alimentaires et ménagers de la région. Mais cet exercice, insiste-t-elle, n’est pas toujours facile.

Quoi qu’il en soit, la station a le privilège d’avoir le soutien de deux grands partenaires, Cascades et Gaudreau Environnement, deux fervents défenseurs du développement durable dans la région, tient à préciser la DG.

En plus d’avoir bénéficié des précieux conseils de l’équipe Élipsos en 2010 (dans le cadre d’un projet pilote initié par l’ASSQ), la station de Tingwick travaille depuis 2016 avec le service d’accompagnement, Démarche D2. Cette organisation locale, née de l’écoparc industriel de la région, aide l’équipe du Mont Gleason à mettre en place des initiatives favorisant le développement durable.

Parmi ces actions, Nadia Pépin cite, entre autres, l’amélioration du poste de tri qui permet aux visiteurs de mieux gérer leurs matières résiduelles. « La collaboration avec l’entreprise locale Zenit, qui produit des collations santé, l’aménagement de la forêt enchantée décorée d’objets recyclés tels que d’anciens tuyaux d’enneigement et d’anciennes lampes de piste, ainsi que les quatre bornes électriques (grandement utilisées) font aussi partie des petits gestes qui suscitent la fierté des employés et des visiteurs de la station’ conclut-elle.

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4. Se rapprocher davantage de la communauté

Depuis déjà une quinzaine d’années que la station Bromont, montagne d’expériences multiplie les actions pour mieux réduire, recycler et revaloriser les matières qui servent à son bon fonctionnement. Le plus vaste domaine skiable éclairé de la province souhaite désormais passer à une autre étape :  faire du développement durable un élément indissociable de son plan d’affaires.

« Nous travaillons actuellement avec l’ensemble de nos gestionnaires de département, des employés ainsi qu’une firme spécialisée, Comité 21, afin de rédiger une charte de développement durable qui sera présentée cet automne à l’ensemble de notre communauté », indique Claude Péloquin, vice-président et directeur général de la station bromontoise.

Cette charte, dit-il, inclura d’ailleurs des actions durables qui permet déjà à la station de se rapprocher davantage de sa communauté. Parmi ces initiatives, Claude Péloquin cite notamment la participation de la station au sein du conseil d’administrations des Amis des sentiers du Parc des sommet. La station travaille également en étroite collaboration avec la ville de Bromont pour développer un service de transport collectif au sein de la région.

« Nous sommes également très fiers de collaborer avec l’organisme de réinsertion sociale Pleins Rayons de Cowansville. Non seulement tous les profits de la vente des sièges de la vieille remontée mécanique principale ont été versés à l’organisation, cette collaboration a permis d’embaucher, jusqu’à présent, près de vingt jeunes à la station. »

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5. Le DD à la sauce Vail Resort

Chez nos voisins américains, le conglomérat Vail Resort prend, lui aussi, le virage durable au sérieux. Le regroupement qui comprend une quarantaine de stations en Amérique du Nord ainsi qu’en Australie vise un objectif de zéro émission, zéro déchet à l’enfouissement et zéro opération pouvant nuire aux forêts et leurs écosystèmes d’ici 2030.

Depuis déjà 2008, l’entreprise, cotée à la bourse de New York, a adopté de farouches mesures pour réduire ses consommations de gaz et d’électricité. Pendant la saison hivernale, ce ne sont pas moins de quatre employés à temps plein qui veillent à l’atteinte des objectifs.

La direction prévoit détourner 100 % des déchets de ses opérations vers des voies plus durables, tels le recyclage et le compost. Actuellement, ce sont plus de 50% des matières qui évitent les sites d’enfouissement depuis 2020, soutient la direction de Vail Resort.  L’entreprise parvient à réacheminer plus de 150 tonnes de carton, 90 tonnes de ferraille, 14 tonnes de compost, 250 tonnes de matériaux à flux unique, ains que 7 000 gallons d’huile végétale.

Le transport en commun est, lui aussi, vivement encouragé, notamment à Vail, au Colorado où les employés, tout comme les visiteurs, peuvent utiliser le Colorado Mountain Express pour accéder à la montagne. Des places de stationnement sont également réservées pour les adeptes de covoiturage. L’été, la station propose à ses employés une flotte de vélos afin de réduire les déplacements en véhicule.

Et parce que le développement durable joue aussi un rôle majeur sur le plan social, l’entreprise invite ses employés qui comptent plus de 750 heures d’ancienneté à participer au programme EpicVolunteers. Cette initiative permet aux membres du personnel, qu’ils soient saisonniers, temps plein ou temps partiel, de consacrer 40 heures à un projet de bénévolat qui leur tiennent à cœur. 40 heures de congés payés. Les participants peuvent ainsi choisir l’organisation caritative de leur choix, et ce, partout dans le monde.

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6. Ce que font nos voisins en DD

Au Vermont, le développement durable passe, entre autres, par la diversification des sources d’énergie. À Bolton Valley, par exemple, vivement les éoliennes afin de réduire l’usage du diesel et d’électricité sur l’ensemble du domaine. Mais la station qui repousse encore plus les limites est sans contredit Killington. Qui aurait cru, un jour, que le fumier des vaches laitières servirait à faire fonctionner une remontée mécanique ? C’est ce qui se passe dans cette vaste station où cette énergie, gorgée de méthane permet de produire plus d’un million de kilowattheures par année. En plus de miser sur cette « Cow Power », ce domaine vermontois recourt à l’énergie solaire pour faire fonctionner l’ensemble de ses remontées.

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7. Des stations durables en Europe

Qu’il s’agisse des Alpes ou des Pyrénées, en passant par le Massif central, les Vosges, les Alpes du Sud incluant la Corse et le Jura, l’ensemble des Domaines Skiables de France (DSF) se sont engagés dans une démarche écoresponsable. L’un des objectifs de cette association qui regroupe 238 stations à travers le pays est d’atteindre la neutralité carbone avec zéro émission de CO2 dès 2037.

Il existe également d’autres démarches de développement durable auxquelles adhèrent les stations françaises. Le label Flocon Vert qui existe depuis 2013 est l’une d’elles. À ce jour, près d’une dizaine de stations, dont celle de Megève, Valberg, Chamrousse, La Pierre Saint Martin, Les Rousses, Vallée de Chamonix Mont-Blanc ainsi que Châtel Portes du Soleil en font partie. Pour afficher le label, les stations doivent remplir une vingtaine de critères devant respecter quatre grandes thématiques soit le respect de l’économie locale, la  gouvernance, le volet social et culturel ainsi que la protection des  ressources naturelles.

Enfin, plusieurs domaines skiables européens redeviennent des pâturages pour les vaches et les moutons l’été venu. Ce partage du territoire comporte son lot d’inconvénients, notamment une vaste gestion des déchets et autres matières laissés par les skieurs et planchistes. Ce qui a motivé la communauté de la station La Rosière, en Savoie, d’inclure des journées Super-Nettoyeurs au sein de sa démarche en développement durable. En juin dernier, près d’une centaine de bénévoles ont parcouru pendant trois heures les 350 hectares du domaine. Ils ont ramassé plus de 610 kg de matières, incluant du métal, du plastique, du bois, du verre, du caoutchouc, du carton, du textile, sans oublier des milliers de mégots de cigarette.

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